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28/10/2008

Les abeilles menacées par l'insecticide Cruiser

Les associations de défense de l'environnement, la Confédération paysanne et les apiculteurs se sont inquiétés vendredi 3 octobre du protocole de suivi du Cruiser, insecticide puissant potentiellement nuisible aux abeilles, lors d'une réunion au ministère de l'Agriculture.

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Insecticide d'enrobage des semences de maïs dont la molécule active est le thiamétoxam, l’usage du Cruiser de Syngenta n'a été autorisé que pour un an par le ministre de l’agriculture sur un avis favorable de l'AFSSA. Face aux craintes exprimées par les apiculteurs, le ministre a promis des mesures de suivi et de surveillance des parcelles semées et des ruchers sur trois régions (Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Aquitaine). L'Union de l'Apiculture française (UNAF) conteste aussi le protocole de suivi et sa mise en place, dénonçant les "incohérences et le manque de sérieux scientifique", "les mensonges du ministre et des services du ministère" et les "risques et les dangers que fait courir le ministre de l'agriculture, directement sous influence du lobby de l'agro-chimie, en autorisant ce type de pesticide". photo credit: ThebiggffooTT

459834506De son côté, la fédération France Nature Environnement juge que les surfaces étudiées sont insuffisantes: "seulement quelques dizaines d'hectares, alors que les abeilles seront en réalité confrontées à des milliers d'hectares traités", note FNE dans un communiqué. Par ailleurs, "le protocole prévoit de comparer des sites traités au Cruiser à des sites témoins non traités. A ce jour, les cultures environnantes n'étant pas connues, les zones témoins peuvent en réalité comporter davantage de Cruiser que les zones traitées", s'inquiète la fédération. La Confédération paysanne, deuxième syndicat agricole français, a dénoncé pour sa part les "mensonges et manipulations" du protocole de suivi dont "les conclusions ne sont pas crédibles". Le Ministère doit faire parvenir un rapport à toutes les associations pour clarifier les conditions et les premiers résultats de l’expérience. Celles-ci pourront y apporter leurs contributions…si le protocole leur parait finalement valable. Rappelons que deux autres insecticides, le Gaucho et le Régent, ont été retirés de la commercialisation en France car soupconnés de destruction des abeilles. Cette année, les apiculteurs ont constaté un retour à la normale, tout au moins en France, et attribuent cette embellie à l'interdiction.

Henri Clément, président de l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf) : « En France, on note cette année une nette amélioration. Il y a eu une très bonne récole sur le tournesol, une belle situation dans le Sud-Ouest et l'Ouest. Et, surtout, les ruches semblent populeuses. Je ne dis pas que le Gaucho et le Regent étaient la raison exclusive, mais je reste persuadé qu'ils ont un rôle prépondérant dans la fragilisation des colonies. Ce qui est rassurant c'est que ça ne semble pas irréversible. » Le rôle des abeilles ne peut être négligé. Selon l'Inra (l'Institut national de la recherche agronomique), 35 % de la production agricole mondiale (en poids) dépend des insectes pollinisateurs.
 
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